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Chat gris : chartreux, bleu russe, korat, reconnaître la race

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« Il a un chat bleu-gris, c’est sûrement un chartreux » : la phrase revient si souvent qu’elle fait perdre de vue une réalité simple, ce gris-là existe chez au moins trois races bien distinctes, et chez énormément de chats de gouttière qui n’en sont aucune. Regarder de plus près, la carrure d’abord, change tout, et évite bien des malentendus lors d’une adoption en refuge où l’origine réelle du chat reste, la plupart du temps, tout simplement inconnue.

Le chartreux, la carrure avant la couleur

Le chartreux se reconnaît moins à son gris qu’à sa silhouette : un corps massif, des pattes courtes et fines par rapport au tronc, une tête ronde aux joues pleines qui lui donne cet air presque souriant. Le poil est double, dense, légèrement laineux au toucher, et les yeux vont du orange au cuivre. C’est une race française, reconnue et suivie par le LOOF, l’organisme de référence pour les pedigrees félins en France. Sa réputation de chat calme et peu vocal, presque muet comparé à d’autres races, contribue aussi à sa popularité auprès des familles qui recherchent un compagnon discret et facile à vivre en appartement.

Le bleu russe, tout en finesse

À l’opposé du chartreux, le bleu russe affiche une silhouette longue et fine, une tête triangulaire, de grandes oreilles pointues et des yeux verts très marqués. Son poil, court et dressé, donne au pelage un aspect presque argenté sous la lumière, très différent du gris plus mat du chartreux. Le tempérament, souvent décrit comme réservé avec les inconnus mais très attaché à ses maîtres, complète la distinction. C’est aussi une race réputée hypoallergénique par une partie des éleveurs, une piste intéressante pour les foyers sensibles aux allergènes félins, même si aucun chat n’est jamais totalement neutre sur ce plan.

Le korat, plus rare et plus discret

Originaire de Thaïlande, le korat reste la race la moins répandue des trois en France. Son pelage est court, brillant, d’un bleu-argenté uniforme, sans aucune trace de tabby même en jeune âge, ce qui aide à l’écarter d’un chartreux mal typé. La tête en forme de cœur et les grands yeux verts ou ambrés finissent de le distinguer. Traditionnellement considéré comme un porte-bonheur en Thaïlande, où il était offert en couple lors de mariages, le korat reste très peu proposé par les éleveurs français, ce qui explique un prix d’acquisition souvent plus élevé que pour un chartreux ou un bleu russe.

D’autres races grises, moins connues, existent aussi

Au-delà de ce trio le plus cité, d’autres races présentent un pelage gris-bleu, comme le british shorthair dans sa variante bleue, plus trapu et rond que le chartreux, avec un pelage plus court et plus dense encore. La confusion entre british bleu et chartreux reste d’ailleurs l’une des plus fréquentes chez les particuliers, les deux races partageant une silhouette massive et une couleur très proche, à ceci près que la tête du british est encore plus ronde et le museau plus court.

Le LOOF décrit le chartreux comme une race ancienne d’origine française, reconnaissable à sa robe bleue uniforme et à sa morphologie robuste, deux critères que les éleveurs continuent de sélectionner avec soin pour préserver le type.

Cette description, consultable sur le site du LOOF, aide à trancher face à un chat trouvé dans la rue : un gris de gouttière massif n’est pas forcément un chartreux sans papiers, il peut simplement partager une morphologie proche sans aucune filiation avec la race.

Et si ce n’est aucune des trois ?

La grande majorité des chats gris croisés en France sont des chats de gouttière au pelage bleu par hasard génétique, sans lien avec une lignée reconnue. Rien n’empêche de les adopter avec la même affection : la couleur ne dit rien du caractère, contrairement à ce que laissent croire certaines idées reçues sur les races. Pour un maître curieux d’aller plus loin sur le tempérament de son compagnon, notre rubrique vie pratique aborde régulièrement ces questions de comportement au quotidien.

Face à un doute persistant sur l’origine d’un chat adopté en refuge, un test ADN félin, de plus en plus accessible, permet de lever l’ambiguïté sans attendre une confirmation visuelle qui reste, dans bien des cas, trompeuse.


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